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> Cacao - 23/04/06

dur!
Olivier, de bonne humeur!

Aujourd’hui départ de Cayenne, direction Cacao (commune de Roura). Levé 7h00 (aie ça pique un peu, surtout après une semaine chargée et quant on n’est pas du matin) afin d’être à 8h00 chez les parents de Yâsimîn. On récupère Marc au passage, un orléanais en stage auprès des architectes des bâtiments de France.




Nous voici partis. Beaucoup de voitures vont dans la même direction que nous, à n’en pas douter le marché de cacao attire du monde. La 1ere partie de la route est plutôt roulante. Il s’agit d’une départementale, couramment utilisé pour aller à Kaw. En revanche quand il s’agit de s’enfoncer dans la forêt, on n’a plus à faire à un sentier qu’une route, une sorte de senoute (sic). Cette portion de chemin est sinueuse, remplie de nid de poule et parfois étroite. Malgré tout on s’y croise facilement et même si en ligne droite, les zigzags sont nécessaire pour éviter les trous. Cette senoute un peu sombre en ce jour peu ensoleillé  se faufile dans une forêt à la végétation dense et aux arbres hauts.

Le peuple hmong pratique cette route deux à trois fois par semaine pour faire vivre le marché de Cayenne. Pour ceux pour qui l’histoire de ce peuple ne suffit pas encore à imposer le respect, cette perpétuelle épreuve hebdomadaire devrait rajouter une pierre à cet édifice. Les hmong sont assez discrets, courageux, travailleurs et ont une étonnante capacité à travailler la terre. Ils sont arrivés en Guyane en tant que refugiés. Fuyant le gouvernement laotien qui se donne un mal fou à vouloir les exterminer. Le village fut créé officiellement en 1997. Les Hmong se sont vus attribuer cette terre alors qu’elle n’était que forêt. Il y a aujourd’hui 1000 habitants dont 50% d’enfants et vivent essentiellement de la culture de fruits et de légumes. Ce sont les plus importants producteurs de Guyane.

Après une heure et demie de route nous voici arrivés dans le village. Les voitures en stationnement sont nombreuses et les places à proximité du marché plutôt rare. Peu importe, après tout nous ne sommes pas pressé et un peu de marche dégourdira les jambes.

village de Cacao
village de Cacao
village de Cacao
Entrée du village de Cacao
Entrée du village de Cacao
Marché de Cacao

Le marché bat son plein et comble du hasard, aujourd’hui c’est la fête du ramboutan à Cacao. Cette fête donne la possibilité à n’importe quelle personne d’aller cueillir elle-même les ramboutans directement dans les cultures des agriculteurs et de payer ensuite sa récolte à la sortie de la cueillette. Le tout pour une modique somme.

Dès l’arrivée nous effectuons un tour au marché. Il est assez coloré et est tenu par le peuple Hmong qui à l’air d’être assez discret mais avenant. Le marché s’organise en deux parties. La 1ere est la route où sont disposés de part et d’autre des étales composés principalement de fruits.

Sous le marché couvert
Sous le marché couvert...

La 2eme partie correspond à une grande place de 60 m sur 40 abritée par une immense charpente en bois. Là on y trouve de l’artisanat, tel que des broderies retraçant le quotidien des hmong (le travail, les fêtes, etc..) ou encore des contes. On peut aussi y acheter des fruits et légumes. Nous achetons quelques spécialités locales comme cette boisson, formée de quatre ingrédients, caramel, lait de soja, riz fermenté et tapioca. Contrairement à mes attentes la boisson est fade alors que je l’espérais sucrée. Le  goût du lait de soja prend le dessus sur le reste. On commence à sentir le caramel vers la fin mais le verre est déjà presque vide.

Artisanat Hmong
Il y a à manger et à boire
Etalage de ramboutan
Diverses bonnes choses!
Artisanat Hmong
Il y a à manger et à boire.
Etalage de ramboutan
Diverses bonnes choses!
Riz fermenté et tapioka
ajouter le lait de soja et le caramel...
...et hop, un soussa
Riz fermenté et tapioca(manioc)
ajouter le lait de soja et le caramel...
...et hop, un soussa!


Comme prévu, nous allons visiter le musée de l’association « Le planeur bleu ». Elle expose dans ses locaux ses collections entomologie (mygales - insectes), archéologie (coloniale-amérindienne), ethnologie de Guyane. Certains insectes sont impressionnants de part leur taille. Je n’en ai jamais vu d’aussi gros. Je pense que pour être encore plus impressionnant il faudrait les voir en vie et dans leur milieu naturel. A mon avis la confrontation en tête à tête ne s’avérerait pas de manière aussi détendue. L’attraction phare à la lecture des différents prospectus, est la possibilité de prendre dans ses mains une Avicularia metallica (mygale), ou d’après son nom vernaculaire, une matoutou. Cette mygale au dos bleu et aux bouts des pattes orange se caractérise par sa docilité et son esthétisme (noire aux reflets bleu métallique). Il n’en sera pas le cas, suite à une interdiction, il n’est plus possible de prendre cette araignée dans ses mains. Il n’en resta pas moins que la visite m’a beaucoup plu de par la diversité de la collection et par l’accueil et les explications des bénévoles.
mygale
Mygale dont l'abdomen à été ouvert.
 
 

 

Le planeur bleu
Alien, en personne.
Différents insectes
Ordre des Coléoptères, sous-famille des Prioniens
Ordre des Coléoptères, sous-famille des Prioniens
Musée du planeur bleu
Un cousin d'Alien.
Différents insectes
Ordre des Coléoptères, sous-famille des Prioniens
A chaque morpho son heure
Araignées, scolopendre et autres scorpions.
Mefiez vous
Très belle collection de papillon, même si les voir dans la nature est bien plus "magique".
Très belle collection de papillon, même si les voir dans la nature est bien plus "magique".
A chaque morpho son heure
Araignées, scolopendre et autres scorpions.
Mefiez vous !
Très belle collection de papillon, même si les voir dans la nature est bien plus "magique".

Une fois la visite terminée nous décidons d’aller déjeuner au marché (nems, riz cantonais, jus maracuja) et de faire encore quelques achats, 1 bouteille de liqueur de ramboutan et 3 kgs de ramboutan.

Différents étalages de fruits & légumes
Bouteille de liqueur

Nous sommes partis vers 13h00 (départ en avion oblige). Même route qu’à l’aller. A un endroit où l’on aperçoit en contrebas un abatis. En ancien droit français on donnait le nom d'abattis de maison à une pénalité qui consistait à démolir la maison d'un coupable, il existe d’autre définition qui s’applique à l’art culinaire ou militaire et du bâtiment. Dans notre cas la définition appropriée (appelé brûlis en France métropolitaine) est celle qu’on utilise dans le domaine de l’agriculture : les arbres sont coupés sommairement et laissés sur la parcelle, qui sont ensuite brûlée. Ceci afin d’en rendre la terre plus fertile.

Panorama des marais depuis le carbet

Nous reprenons la route, lorsqu’un des passagers de la voiture que l’on suivait jette d’un geste nonchalant une cannette sur le bord de la route.

Nicolas a poussé son traditionnel coup-de-gueule contre ces gens qui n’ont qu’à faire que de soucier d’eux-mêmes.

Je le comprend, il est agaçant et étonnant de voir une population salir, polluer un endroit préservé et naturel, d’autant plus que ce lieu fait leur quotidien. Car là, il ne s’agissait pas de touristes mais très probablement d’autochtones. Ce genre de comportement peut donner l’impression à d’autre de légitimer ce même geste : « l’endroit étant déjà pollusé, si moi je jette une cannette, un peu plus un peu moins, c’est pareil… » .

Arrivée à Cayenne je termine mes valises, décollage à 17 h30 de Rochambeau, arrivée Paris 7h25, reprise du boulot 9h30…….ça c’est rude.

Auteur : Olivier PRODAULT
Date : Septembre 2006

 

 

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