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> Awala Yalimapo - 15/04/06

petite pose photo sur le pont d'organabo
carte guyane

Aujourd’hui nous irons à Awala Yalimapo, village d’amérindien Galibi composé des villages d'Awala et de Yalimapo. Situés sur la cote, nous irons (du moins nous tenterons) d’observer la ponte des tortues Luth (Dermochelys coriacea), olivâtre (Lepidochelys olivacea) ou verte (Chelonia mydas )  présente sur les plages du mois d’avril à juin.


Il est 12h. Nous partons de Cayenne après avoir profité des nombreux fruits & légumes du marché. La route est très bonne, la conduite est agréable, les vitres ouvertes, le vent nous rafraichi sous un soleil au zénith. Nous faisons un arrêt dans la petite ville d’Iracoubo (2000 hab) afin de voir son église construite en 1893, classée monument historique depuis 1978. Elle a la particularité d’avoir été peinte par un bagnard, M.HUGUET.

église iracoubo église iracoubo église iracoubo église iracoubo église iracoubo
L'église d'iracoubo

Le trajet est ponctué de nombreux arrêts pour observer la faune, la flore, les criques …etc. Nous observons sur le trajet des nids que nous supposons appartenir à des kikiwi (Pitangus sulphuratus).
Une halte s’impose à la crique Organabo. Très jolie lieu où l’eau est couleur caramel, elle est fraiche. Quelques barques, certaines pleines d’eau, sont sur les abords, peut être abandonnée.. Les rochers présents dans la crique créent un petit saut qui agite le cours d’eau.

Sur la route pour Awala-Yalimapo
  La crique Organabo La crique Organabo La crique Organabo
Sur la route pour Awala-Yalimapo  
La crique Organabo

Nous repartons, après le carrefour du Galion la route devient plus sinueuse et donc plus dangereuse. Dans cette faune omniprésente de part et d’autre de la route beaucoup de détritus jonchent les abords de la route et gâche le paysage. Les gens irrespectueux, ne comprennent toujours pas l’importance et l’urgence de préserver ces lieux…
Vers 15h30, après plusieurs heures de routes traversant la forêt, une grande éclaircie apparait sur la partie droite de la route. Nous arrivons en faite au niveau d’immense plaine inondées qui sont les rizières de Mana.

riziere de mana riziere de mana riziere de mana   libellule
Les rizieres de mana.
Une libellule

Apres que nous ayons traversé la ville de Mana (nous y reviendrons le lendemain car il est déjà 16h) Awala apparait. 230 km au compteur. Tout d’abord le sable caractéristique de ce village apparait sur les bords de la route, ensuite quelques maisons en palme de cocotier, ou en parpaing pour les plus récentes. La route s’arrête brusquement sur un petit parking … nous y sommes.

village Awala Yalimapo village Awala Yalimapo   couché de soleil sur la plage des hattes couché de soleil sur la plage des Hattes
Arrivée dans le village d'Awala et de Yalimapo
 
Magnifique couché de soleil sur la plage des hattes


Nous avions réservé par téléphone des places dans un des carbets du restaurant Yalimalé. 13 euros la nuit (autant pour un repas au restaurant), il faut apporter ses hamacs, le petit déjeuner n’est pas compris (il est à 5.50 euros). Le carbet est constitué, comme la majorité des habitations, de feuilles de cocotier tressées pour le toit, et de divers troncs d’arbres pour la structure. Le carbet est ouvert par le bas, une moustiquaire fait tout le tour et nous protégera des moustiques, en nombre à Yalimapo ! Grand luxe, nous aurons des douches et toilettes dans le carbet. Une petite grenouille a apparemment déjà prit possession des lieux ! Nous partagerons le carbet avec 5 personnes. Après avoir déposé les affaires, monté les hamacs, nous partons sur la plage située à 100m, il est 18h00. Les tortues arrivent environ 2h avant et 2h après la marée haute. Une petite baignade rafraichissante dans l’embouchure du Maronie permettra de nous détendre des 4h de route. Le soleil se couche, il est 18h30. Les tortues arriveront bientôt, nous allons manger au restaurant.

carbet carbet grenouille Plage des hattes petit crabe sur la plage
Notre carbet
Premier essai du hamac!
Sympathique petite grenouille
La plage des hattes
Un des nombreux résidents de la plage

Wilson prend un steak frite, Yâsimîn un fricassé de poulet, Olivier un cachiripo de poisson, moi de gibier (Cabiaï - Hydrochoerus hydrochaeris). Le cachiripo est servi avec du couac et des galettes de manioc qui se trempent dans l’assiette creuse où baignent des morceaux de gibier (ou de poisson) dans de l’eau. Bilan : poisson trop fade et viande quelconque.
Il est déjà 20h45, nous n’avons pas l’heure passée ! On paye l’adition vite fait, on va se changer avec des vêtements type jogging et tee-shirt manches longues, de l’anti-moustique et on file sur la plage. Il fait noir, la lune n’est pas là ce soir. A droite, à gauche nous sillonnons la plage avec le faisceau de nos lampes…. rien.
Rien rien de rien !! Pas l’ombre d’une tortue… normal on a pris 3h pour manger ! Nous demandons à deux touristes qui nous disent avoir vu deux-trois tortues mais elles ont été peu présentes ce soir. 2ème chance, la marée sera haute vers 6h00, à l’aube. Ca nous permettra même peut être de voir des tortues de jour. Nous retournons au carbet tête baissée, nos compagnons de carbet en ont vu quelques-unes… pendant que l’on était entrain de manger ! Nous mettons les réveils à 4h30, pas question de les louper.  Jusqu'à 3-4 du mat, j’ai pu écouter toute la playlist d’un bar qui m’était sa sono à fond. Un conseil : prévoyez les boules quies ! Pour entendre le réveil ce n’est pas très pratique, je me suis donc sacrifié…

4h30, j’émerge… la nuit fut rude. Je réveil tout le monde. Certains dormaient profondément grâce aux boules quies…hum ! on se prépare et on y va. 5h10, première tortue en vue, et c’est une tortue verte. Elle commence à monter, un peu affolée par l’éclairage de ces foutus touristes elle repart. (Pour information, aucune de mes photos n’a été prise avec le flash. Pour les détails techniques j’étais en ISO 1600, f/3.3, temps de pose 15s, trépied). Ensuite, plus rien.


Tortue verte en pleine nuit. Tortue verte en pleine nuit. Tortue verte en pleine nuit.
Tortue verte en pleine nuit.

Pas mal de nids de tortues tout le long de la plage, mais je pense qu’elles nous évitaient. 7h00, magnifique levé de soleil, on s’apprête à rentrer, Yasimin insiste pour un dernier tour un peu plus loin sur la plage.

tortue verte

Bingo ! Une tortue verte, et en plein jour ! Elle termine tout juste de reboucher son nid. Elle fait plusieurs tours, va vers les terres, revient vers la mer, on pourrait croire qu’elle est perdue mais en fait elle brouille les pistes pour éviter aux prédateurs (chien errant, lézard, homme..) de retrouver facilement l’endroit de ponte. Toutes ces manipulations lui demande énormément d’énergie. Déplacer 150kg sur du sable avec, pour arranger les choses, des branches, feuilles sur son passage … pas évident. Elle prendra environ 3/4h pour repartir. Quelques touristes sont présents dont ceux de notre carbet d’ailleurs. Un membre de l’association Kwata (association d’Etude et conservation de la Faune sauvage de Guyane) est présent. Personne ne s’approche ou se met en travers de son chemin. Elle repart tranquillement, traçant un sillon caractéristique derrière elle, magnifique spectacle… paisible, imposant, majestueux.

tortue verte tortue verte tortue verte tortue verte marque tortue verte
Tortue verte
Tortue verte sur le départ
Sillon de tortue.
Nie de tortue.

Il est 8h00 nous allons petit déjeuner. Entre deux morceaux de pain, nous établissons un petit changement de programme. Nous devions rentrer ce matin, mais nous n’avons vu aucune tortue luth. Nous reviendrons donc sur la plage ce soir, et pas question d’aller au resto cette fois ci ! Durant la journée nous irons voir la ville Saint-Laurent du Maronie. La pluie nous accompagnera toute la journée, la visite du camp de la transportation sera humide … et très courte puisque nous y sommes allés un dimanche après-midi, et le dimanche après-midi plus de visite guidée ! Il n’y a aucun panneau d’explication, nous ne verrons que des bâtiments, plus ou moins en rénovation, certain servant de local à des associations…. un peu déçu, nous partons faire petit tour de la ville. Saint-Laurent (20 000 habitants) est pourvue d’une belle architecture de type coloniale. Sous préfecture de la Guyane, Saint-Laurent se caractérise par sa diversité ethnique et sa population jeune (60% de la population à moins de 25 ans). Sur le chemin du retour nous faisons un arrêt dans des stands tenus par des Saramaca proposant leurs artisanats. Au premier abord les produits sont hors de prix, mais descendent de moitiés sans la moindre négociation… on peut arriver à des prix correctes en négociant. Il y a 2-3 ans, j’ai l’impression que leurs bancs étaient mieux travaillés. Peu de motifs sculptés, moins bien travaillés, les bancs intéressants deviennent rares.

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