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11h45, Je vois la brésilienne et la maman avec ses enfants monter dans un taxi,  ils me font signe de venir avec eux. J’insiste pour récupérer mon sac avant mais un peu poussé par la pluie qui s’intensifie, je monte. Je me retourne vers ma traductrice qui m’apprend cette fois que le 4x4 va chercher d’autre personnes… je me demande où est-ce qu’on va les caser ces personnes!  Le taxi s’arrête 300m plus loin, dans un autre "commercial" et toute l’équipe attend. Je commence un peu à flipper car je ne vois pas le 4x4 revenir, et je n’ai absolument rien pris avec moi. Je garde mon calme … La pluie continue à tomber, et la poussière des rues se transforme peu à peu en gadoue. Certains s’abritent tant bien que mal, d’autre font comme si de rien était. Je vois le bus pour Macapa passer devant moi. Il est 12H00.
"Les voilas ! " entend-je.  Soulagé de voir le 4x4 revenir, juste après que le 4x4 se soit garé derrière le commerce sous un abri, je cours voir si mon sac est toujours là. 4 personnes descendent, un autre brésilien est déjà là pour a
ider à se garer et un autre gars sortie de "je ne sais où" arrive aussi, ajoutons à cela la brésilienne, la maman et ses deux enfants, le chauffeur et moi ! Ca fait du monde ! Je ne sais pas qui montra dans le 4x4 mais je commence à repenser aux conseils de l’ancien orpailleur de tout à l’heure et je crains le pire. Ils ont pris avec eux 2 bâches qu’ils utiliseront pour couvrir entièrement les sacs qu’ils mettront dans la benne. Je prends vite fait mon deuxième petit sac à dos, j’y mets papiers, appareils photo, guides… Ce sac là je le garde, l’autre part à l’arrière. Apres 20min de ficelage, nous sommes invités à monter pour le départ, l’instant de vérité. La brésilienne m’invite à monter à l’avant. "Moins serré qu’a l’arrière!" Je serais à coté du chauffeur (qui n’est pas le même que celui de tout à l’heure au passage), à coté de moi la brésilienne et derrière se partageront la banquette 4 personnes et 2 enfants. On commence cette fois les 600 km de la BR156, il est 12h45. La piste est très large (15-20m) mais les trous pleins d’eau nous forcent à ralentir. La piste est ensuite en bon état, puis nous retrouvons à nouveau un bourbier… ça sera comme ça durant plus de 400km. Le rythme est usant. Ca secoue pas mal dans le Chevrolet mais personne ne bronche, pas même les enfants certainement habitués au trajet. De toute façon avec la musique à fond dans la cabine, personne ne peut vraiment parler!  

Les arbres de la forêt amazonienne bordent la route, on peut remarquer à certains endroits d’immenses plaines dans la forêt, recouverte d’herbe, seuls quelques troncs noirs calcinés laissent penser à un abattit.

Un abattit est zone de forêt brûlée volontairement par l’homme pour pouvoir rendre la terre fertile et ainsi la cultiver. En l’occurrence la terre était recouverte d’herbe afin d’y faire paître les zébus.

La première pause se fera au bout de 250 km (2h30 de trajet) dans le village de Caciporé 1 (le n°2 est un peu plus loin). Petit village d’une vingtaine d’habitants accroché à la route son seul lieu d’activité se résume à un commerce alimenté par je ne sais quel moyen, dans lequel nous nous arrêtons. Je bois un café au bar, d’autres y prendrons un repas. Un vieillard présent dans le commerce me demande quelque chose que je ne comprends pas…"hmmm… speak english peut être ?" non, définitivement portugais.  Frustrant ! Je sors en attendant… il n’y a pas un bruit dans le village, quelques habitants discutent entre eux à la terrasse d’une maison, a coté il y a une sorte d’étable abandonnée, quelques chiens errants…

Caciporé Caciporé caciporé caciporé
Caciporé
Caciporé
Commerce à Caciporé
Lampadaire?

Tiens, du mouvement, tout le monde a fini de manger ? On repart alors. Des trous, encore des trous, toujours des trous… et il continue à pleuvoir. On dépasse tout de même le bus qui était partie à midi. On croisera peu de voitures sur la route, mais à chaque fois le rituel sera le même : petit coup de klaxon ou appel de phare et signe de pouce à travers la vitre. Des fois ça sera le clignotant de gauche qui sera enclenché pour saluer, idem en face. Plusieurs fois, tout au long de la route nous passerons sur de petit pont fait de quelques planches de bois pour pouvoir traverser les cours d’eau quelques mètres en dessous. Les ponts font à peine 4-5 m de longueur, mais les planches de bois font tout juste la largeur de chaque pneu. Je n’ai d’autre choix que de faire entièrement confiance au chauffeur et à sa dextérité à manier les 4 tonnes de son 4x4. Avant le passage d’un des nombreux ponts, la brésilienne me raconte qu’il est arrivé une fois qu’un pont s’effondre au passage d’un 4x4. Pas de blessé heureusement, que de la tôle froissé mais je nous vois mal coincé à 9 au fond du ravin ! Je continus la discussion avec elle, elle fait le trajet régulièrement car elle est propriétaire d’une maison à Macapa qu’elle voudrait revendre, sa fille, qui est à Cayenne, ne voulant plus y aller. Nous parlerons ensuite de tout et de rien, l’heure passe plus vite …
Les abords sont inondés, il pleut depuis notre départ à Oiapoqué et l’eau déborde à certains endroits de la route. Un détail pour notre gros Chevrolet. La pluie crée de magnifiques paysages de plaines inondées dans lesquelles baignent une végétation dense et verdoyante accompagnée de troncs brûlés dépassant de l’eau … Sur la gauche nous croiserons 2 énormes rochers, ronds, noirs, un d’une cinquantaine de mètres de haut, l’autre devant, plus petit, posé sur le flanc d’une petite colline comme par magie. Le spectacle est stupéfiant, malheureusement le chauffeur qui lui doit voir ça pour la xieme fois continue sa route, sans ralentir, imperturbable… Une petite faim me fait ouvrir un paquet de gaufrette, je le distribue. Tout le monde me remercie et les 2 p’tits enfants me font un sourire en regardant la gaufrette avec grand intérêt. Un peu plus tard la brésilienne à coté de moi me propose une orange, je refuse poliment … elle l’épluche entièrement et me la propose à nouveau, en rigolant j’accepte, elle avait compris que j’étais un peu fainéant !
Deuxième arrêt au bout de 5h de piste. Autre restaurant mais même ambiance. Quelques maisons, une station essence vraisemblablement hors service vu son état, un chien aussi délabré que la station, passe devant moi d’un air intéressé.. non je ne suis pas à manger ! Il manque plus que les rouleaux de paille et les bottes du shérif et on se croirait au far west. Je marche un peu, le sang circule à nouveau dans mes jambes engourdies… mais déjà nous repartons.

2eme arrêt  Piste en latérite  Piste en latérite  Piste en latérite  Piste en latérite

Malgré ce paysage magnifique, cela reste répétitif et m’incite un peu à m’endormir. Mais ça bouge trop ! La nuit commence à tomber, il est 18h30. J’arrive plus ou moins à trouver une position qui me permet de somnoler d’un œil … et puis d’un coup, je trouve que le 4x4 va étrangement vite, plus de coup de volant dans tous les sens … normal, nous avons atteint la route goudronnée ! Plus que 170km ! Le chauffeur dépasse les 120km/h et a une fâcheuse tendance à rouler sur la voie de gauche lors de chaque virage à gauche! Il fait nuit noire et il ne se fie qu’aux phares des voitures venant à contre sens pour repasser sur sa voie. Pas rassurant sachant qu’auparavant nous avons croisé un énorme camion qui roulait sans phares ! Les maisons et la population aux abords de la route se font de plus en plus nombreuses. Les gens sont dehors, discutent entre eux, jouent au foot… Nous faisons un dernier arrêt dans un grand snack vers 22h00. J’achèterais une sorte de beignet pas mauvais du tout. Apparemment pas habitué aux étrangers, les gens du snack me regardent avec insistance. Etant de nature timide, je demande fébrilement mon beignet avec 2 mots de portugais. je paye, et vais le manger dehors avec une partie de l’équipe du voyage. Les gens ne font plus attention à moi, et  ce qui me met plus à l’aise. Des anciens dehors discutent face à la route, j’aurais voulu me joindre à eux, discuter, mais l’échange se résume finalement qu’à un simple « Boa noché ». Nous repartons : dernière ligne droite. On s’arrête quelques kilomètres avant l’entrée de la ville pour déposer 3 brésiliens, et pour changer de chauffeur au passage (et de 3 !)… même pas eu le temps de lui dire au revoir ! On dépose ensuite la mère et ses deux enfants à l’aéroport, le trajet n’est apparemment pas terminé pour elle. Puis vient mon tour, je sors mon guide pour indiquer une adresse d’hôtel mais la brésilienne me dit qu’elle connaît un "hôtel pas cher où tous les touristes comme moi vont dormir". Ok, pas de problème ! On y arrive, le chauffeur va se renseigner pour savoir s’il reste de la place. Il y a en effet des chambres de libre, 12r$ la nuit : ce n’est vraiment pas cher. Je remercie chaleureusement ma compagne de voyage, j’entre dans l’hôtel, monte dans ma chambre et m’écroule sur le lit (avec précaution vu l’état incertain du sommier) La chambre doit faire 3m sur 2, une armoire, un lit, un ventilateur, et les bruits de ronflement de la chambre d’à coté. Il est 23h30, j’ai fait 11h00 de trajet, 600km de route, de la pirogue, du taxico, plus rien ne peut me déranger pour dormir! Je sors mon duvet, et m’endors lourdement par-dessus jusqu’au lendemain.

hotel San antonio hotel San antonio hotel San antonio
Hotel San Antonio

Hotel San Antonio
Tel:222 0226 ou 222 0244
Av Coriolano Juca, 485
12r$ la nuit : Un lit, une armoire, un ventilateur.
sdb sur le palier.
Obs : A ne choisir qu'en dernier recour!




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