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Le temps de faire un peu connaissance avec mon voisin le psychologue conseillé d’orientation et nous arrivons à Saint Georges de l’Oyapoque.

Saint-Georges-de-l'Oyapock
Population : 3 277 hab.






Il est 9h30. Le fleuve à notre droite, la ville à notre gauche, et devant une horde de piroguier prêt à nous sauter dessus pour faire la traversé. Je descends de la camionnette, récupère mon sac, et fais une poignée de main au chauffeur. Je prends quelques minutes pour visiter St Georges. La ville est calme, paisible, l’activité principale se résume aux quelques jeunes présent sur la place … je n’aimerai pas rater le départ des 4x4 pour Macapa, je dis oui au hasard à un des piroguiers et j’embarque dans la pirogue.

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Maire de St Georges
Rue de St Georges
Eglise à St Georges
Pizzeria à St Georges
Place pres du fleuve

Nous attendons quelques minutes que 4 autres personnes grimpent dans la pirogue et nous partons. La traversée durera 20min. le trajet St Georges - Oiapoqué est continuellement emprunté par ces petites pirogues aménagées d’une structure bâchée permettant de protéger les voyageurs quand il pleut. Comme sur la route, la forêt est de chaque coté du fleuve et l’eau, marron, descend vers la mer en créant un fort courant à certain endroit ce qui fait un peu dévier la pirogue.

Nous voyons Oiapoqué de loin se rapprocher.

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Le petit débarcadère en bois est situé à quelques mètres en dessous du niveau de la ville. De grands murs séparent le fleuve de la ville et un escalier monte pour rejoindre l’avenue bruyante et animée d’Oiapoqué. Tout en haut, même spectacle qu’à St Georges, une vingtaine de chauffeurs de taxi, de 4x4, de bus se tiennent prêt à me recevoir. Les personnes présentent avec moi dans la pirogue sont déjà parties. Je me lance, tel un chanteur de rock dans la foule. Je réponds négativement à toutes les demandes, ils insistent, je résiste, il faut que je fasse tamponner mon passeport avant tout. Apres ce petit passage mouvementé, je revois mon piroguier que je paye, je n’avais qu’un billet de 5€, évidement, il n’a pas la monnaie, j’insiste et il me dit qu’en revenant pour la traversé, il suffit que je demande le piroguier n° 33 et il me fera une réduction d’un euro … je lui dis ok, ce n’est pas grave, je ne vais pas me lancer dans l’explication que je reviens en avion de Belem donc que je ne repasserai pas …. etc ... etc… 
Je déboule donc sur une avenue parallèle au fleuve. Beaucoup de voitures, beaucoup de monde, beaucoup de bruit, ça fait beaucoup de beaucoup ! Mais pas de touriste, je suis le seul « blanc ». C’est à partir de se moment que l’on comprend que l’on est sur le territoire brésilien. Le contraste est flagrant entre St Georges et Oiapoqué. L’ambiance des villes est radicalement différente malgré qu’elles soient séparées d’à peine quelques kilomètres.

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Oiapoqué, dans le 4x4
Oiapoqué, sous la pluie.
Oiapoqué
Oiapoqué
Oiapoqué

 

 

 

 

 

Oiapoqué
Population : 16.226 hab.
Superficie : 22.625 km²

La musique est constamment présente dans les rues grâce à des hauts parleurs accrochés sur les lampadaires. Tous les jours c’est certainement fatiguant mais là, ça me donne du "pep’s" ! Le son brésilien est très entraînant, et crée de la bonne humeur, se qui se remarque lorsque l’on s’intègre, s’immerge à la population. La rue devant moi (et comme toutes les autres rues de la ville d’ailleurs) est constituée de latérite, sorte de terre rougeâtre qui devient boue quand il pleut et poussière quand il fait beau. Pas facile à vivre au quotidien. Justement il commence un peu à pleuvoir. Je marche le long de la rue, j’observe les gens, je "m’imprègne" un peu de la ville, quelques brésiliens me proposent des montres, CD ou de changer ma monnaie, mais je refuse avec un sourire et un signe de la main. Ils n’insisteront pas et me répondront également pas un sourire et le signe national au brésil : le pouce levé. Au bout de quelques minutes plus grand monde fait attention à moi. Je rencontre une des brésiliennes qui a fait le trajet, assise derrière moi dans le taxico. Elle a la cinquantaine et parle un mélange de créole/français avec un accent brésilien que je comprends sans trop de difficulté. Devinant que je suis à la recherche d’un 4x4 pour Macapa elle m’invite à prendre celui qu’elle utilise habituellement. "Que des avantages !" me dit-elle. "On arrivera vers 21h00 ce soir, plus tôt que le bus ! C’est 80 real alors que le bus c’est pas beaucoup moins cher (65). Le 4x4 t’emmène ou tu veux, le bus c’est là gare routière et c’est tout ! Et il peut même t’emmener à la police fédérale pour ton passeport ! "  Ok ok, je monte dans le 4x4, une gros Chevrolet D20 avec 2 places à coté du chauffeur, là ou je me pose, 4 places derrière et une grande benne à l’arrière. Il passe quelques rues, et s’arrête en me faisant signe que le local de la police est là. Effectivement, de loin je vois dans un petit local avec la télé à fond, des policiers, pistolet automatique sur la cuisse, rangers, gilet par balle, insigne porté autour du coup qui tombe sur le torse … Dans quel film ai-je déjà vu ça ?? Un brésilien est avant moi, je le reconnais, il était avec moi dans le taxico. "Bon dia !" lui dis je. Un policier me demande ensuite de venir à son bureau, il parle anglais, ça va m’aider. Apres deux, trois questions et deux trois tampons je repars. Le Chevrolet m’attend toujours. Je monte, et il me ramène au point de départ. Je revois la brésilienne, elle me dit qu’il faut qu’on attende que le 4x4 se « remplisse ». D’après ce que j’ai vu, à tout casser nous montrons à 5 ou 6 donc ça va aller vite… Je demande à faire du change pour pouvoir payer le trajet et l’hôtel à l’arrivée, le chauffeur m’emmène quelqu’un tenant une liasse de billets entre les mains, ça sera mes premiers reais. Je ferais le change de 60 euros à 2,40. Le paiement du trajet (80r$) se fera dans la foulée. En attendant le départ, d’ici 20 minutes d’après le chauffeur, il me propose de mettre mon sac dans le 4x4 mais je préfère le garder sur moi. Pour 20 min, il est plus prudent de rester non loin du 4x4 sac sur le dos… on ne sait jamais, déjà que j’ai payé, il ne faudrait pas non plus qu’il parte  avec mon sac !

Il est 10h30. Je revois le brésilien du taxico croisé au poste de police. Il vient vers moi et l’on commence à discuter, heureusement, il parle français car je suis incapable de tenir la moindre discussion en Brésilien. Mes seules connaissances de cette langue se résument à une dizaine de mots et de notions appris quelques semaines auparavant avec un bouquin et un CD. Sans oublier les notions d’espagnol du collège !  J’apprends que c’est un ancien orpailleur de Guyane qui fait le voyage jusqu'à Macapa pour faire des achats : apparemment les vêtements ne sont pas chers là bas. Il utilisera le bus pour le trajet et me déconseille vivement de prendre le 4x4 pour plusieurs raisons (oups !): ils partent quand ils sont plein et il a déjà attendu jusqu'à 21h du soir ! (Le bus par à midi.) On est serré quand il y a du monde à transporter, c’est plus cher, on ne va pas beaucoup plus vite que le bus… On verra bien ! 11h00, le chauffeur me fait signe de loin que nous y allons. Chouette ! Je serre la main à mon compagnon, et je file dans le 4x4. Je monte derrière, en compagnie d’une dizaine de sacs, devant moi le chauffeur, et à sa droite la brésilienne, et une maman et ses 2 enfants. Jusque là tout va bien, tranquillement derrière, je n’ai pas à me plaindre. Il commence à pleuvoir doucement. Apres 3 min dans la ville nous nous arrêtons. Petit coup d’œil interrogateur en direction de la brésilienne : « Il faut que le chauffeur mange ! » me dit-elle. Ok, faux départ. Je descends, et flâne dans une boutique de vêtement aux abords du 4x4. J’en profite pour m’acheter un paquet de gâteaux dans un "commercial" et une bouteille d’eau pour 3r$. Il fait environ 35°C à l’intérieur du magasin,  Les ventilateurs au plafond ne servent à rien, et la pluie tombe dehors et rend la chaleur étouffante. Le commerçant à la caisse est souriant, ça fait plaisir.

 

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