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> Lundi 24 avril, 5H30.

Nous sommes le lundi 24 avril, il est 5H30 du mat’, je me lève avant le soleil, un peu stressé mais soulagé car il ne pleut pas, et ça depuis plusieurs jours. Aujourd’hui commence mon périple vers le Brésil.
Planning du jour : aller à la gare routière de Cayenne prendre un taxi collectif (sorte de minibus d’une 10ene de places) pour St Georges de l’Oyapoque à 180 km de Cayenne, traverser le fleuve de l’Oyapoque qui fait office de frontière entre la Guyane et le Brésil et me rendre à Oiapoqué première ville du Brésil frontalière à la Guyane, prendre ensuite un 4x4 pour arriver à Macapa situé à 600km de Oiapoqué. Dans ces 600km, il faut compter près de 400km de piste en terre, d’où l’importance de la météo ces 2-3 derniers jours !

trajet du 24-04-06

Mes affaires sont prêtes : j’aurais avec moi un sac à dos contenant un hamac, un duvet, un peu de vêtements, trousse de toilette et une trousse de secours. Un deuxième petit sac à dos. Mes papiers, un guide sur mes destinations, des guides de conversation (un harrap’s portugais et un Brésilien) une bouteille d’eau, mon matériel photo composé d’un Fujifilm Finepix S5600 avec une carte XD 512Mo, 2 lot de 4 piles rechargeable et l’appareil pour la recharge.

Je dois être à la gare routière de Cayenne pour 6h30, heure à laquelle les taxis collectifs partent. Je prends mon p’ti déjeuner, vérifie mon appareil photo, tout est ok. Je me fais déposer à la gare, il est 6h45, un peu en retard … Plusieurs taxicos sont déjà partis, ceux encore présent partent pour Kaw, Rémire Montjoly, Kourou ou Saint-Laurent… pas vraiment ma destination. J’attends un peu, un conducteur me demande si je veux prendre son taxico, il part pour Kourou, je lui réponds poliment que je vais à St Georges. Il m’indique celui sur lequel la destination de Kaw est indiquée. Bizarre… Je demande alors au conducteur s’il part bien pour St Georges, « Oui oui » me répond t-il, « départ dans 20min ! ». Je m’assois en attendant sur un des bancs situés le long de la gare, le matin l’endroit est agréable. La gare routière, où attendent une vingtaine de minibus prêt à partir une fois remplis, est en fait une sorte de long parking plus ou moins aménagé. L’aménagement en question est symbolisé par les 2-3 abris bus encore en bon état. Les abords sont peu attirants car quelques odeurs suspectes m’incitent à rester là ou je suis. Le parking, remplis de nid de poule, longe "la crique" où traverse le canal Laussat, au bout le marché aux poissons. Le lieu fait parti des quartiers défavorisés de Cayenne. Derrière le canal ce trouve des habitats relativement précaires ou je peux voir quelques personnes vaquant à leurs occupations matinales : balayage de la maison, déchargement d’un camion .. Le quartier s’anime peu à peu. Malgré l’absence du marché de Cayenne situé à 100m de là, la gare routière est régulièrement prise dans les embouteillages, il est 6h45, il n’y a heureusement pas encore beaucoup de monde sur la route,.
Le conducteur, une sorte de grand gaillard de 2m pesant son quintal s’approche de moi et m’indique la somme à payer « 40 euros svp!». Je lui donne la somme, j’obtiens en échange un reçu. Après avoir déposé dans le coffre mon sac avec les autres sacs, sachets, caisses et paniers des personnes faisant également le trajet, je monte dans le minubus, derrière le conducteur. Nous sommes 10 au total, 3 métros : une institutrice de Régina, un ancien journaliste des Balkans reconverti en conseiller d’orientation psychologue dans un lycée à St Georges, et moi. Les 7 autres personnes sont des brésiliens (dont un ancien orpailleur avec qui je ferais un peu plus connaissance à Oiapoqué) qui feront pour la plupart d’entre eux la traversé vers Oiapoqué et Macapa.  Nous partons donc pour 180 km de route, il est 7h00. Nous rencontrons les débuts d’un embouteillage vers la zone Collerie mais rien de méchant. Apres avoir fait le plein dans une station service, et passé le dernier rond point, le chauffeur accélère. Personne ne parle dans le minibus, personne n’à l’air de se connaître, nous regardons tous la forêt de part et d’autre de la route… Nous passons l’embranchement pour aller à Cacao, faisons un crochet à Régina pour déposer l’institutrice et entamons la nouvelle route en direction de St Georges. Aucun trou, assez large, quasiment personne en face, le chauffeur se fait plaisir et dépasse largement les 100km/h. Sur cette route agréable mais un peu monotone, tous les 5km une voiture calcinée, désossée, abandonnée sur le bas coté de la route vient rompre cette monotonie. Certainement des voitures volées ! Entre temps, des patrouilles de la légion ou de la police stationnent sur les abords et observent les allers et venus.

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