Le
retour ...
Lundi 18 Août
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Après quelques jours de repos
sur l’île, il faut penser au retour. Ça sera peut
être la partie la plus difficile pour la mécanique car
sur les 500km, il y aura 1300m de dénivelé positif, avec
des virages de plus en plus nombreux, serrées et dangereux.
Mais commençons par le retour sur terre ferme. Afin de ne pas
renouveler l’expérience de la Rozina, je rentrerais avec
la navette de Cap Ste Marie, beaucoup plus sûre, et en a peine
une heure je rejoins le port de Soanierana Ivongo. Tout ça sans
frayeur ! Première appréhension à l’arrivée,
que ma moto ne soit plus là. Je file à au parking du restaurant,
et soulagement elle n’a pas bougé. Je paye mon due au restaurant,
ligote mon paquetage sur la moto et je pars.
Objectif de la journée : Toamasina.
J’ai quelque difficulté à sortir de la ville, surtout
de trouver la bonne route puisqu’il n’y a aucun panneau.
J’ai un peu cette appréhension de me tromper de direction
et de m’en rendre compte au bout de 10 kilomètres…
mais cette route est la bonne, à ma gauche la mer, à droite
la verdure, quelques petits slaloms pour éviter les trous, et
je progresse… Je repasse le pont flottant qui est toujours là,
et je roule sans m’arrêter, pas de pause aujourd’hui,
mise à part celle de midi bien entendu, j’atteins Toamasina
en fin de journée. Je fais le plein. La nuit se refera chez la
consul.
Km effectués: 150 km
Arrivée dans : 358 km
Mardi 19 août,
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Cette journée sera éprouvante
pour la moto puisque j’entame les 358 km de montée vers
les hautes terres. Départ de Toamasina vers 8h, tjrs cette petit
doute quant à la direction à prendre mais (même
ici, aucun panneau et je n’ai pas pris de carte de la ville),
je demande aux gens. Pour être sûr je demande 3 fois mon
chemin, les 3 personnes m’indiquant la même direction, ça
devrait être bon ! Je sors de la ville qui s’éveille
peu à peu. Longue ligne droite, et une centaine de kilomètre
plus tard, j’arrive à brickaville. Je décide de
faire le plein, avant le début de « l’ascension »
! Je cherche une station essence mais … aucune n’en a. Toutes
les pompes sont désespérément vident ! Je continu
a demander aux nombreux piétons dans la rue (c’est jour
de marché aujourd’hui je pense!) on me conseil finalement
d’aller voir un ‘vendeur’ d’essence, a une centaine
de mètres d’ici. Je m’y rend, demande à la
personne devant, et après lui avoir annoncé que je voulais
faire le plein, il apporte un énorme baril rempli d’essence,
y rempli une bouteille découpée, et a l’aide d’un
entonnoir rempli peu à peu mon réservoir. Je ne pourrais
me fier qu’au vendeur sur le type d’essence (95, 98, diesel…).
Je lui fais confiance, je n’ai pas le choix, je ne vais pas goûter
! Je paye évidement un peu plus cher le litre d’essence,
et je m’en vais en étant très attentif à
d’éventuel ‘raté’ du moteur. 10, 20,
50km tout va bien, les virages se font de plus en plus serrées,
et de belle montée donnent du mal aux camions qui peine. Je recommence
à nouveau a chasser de l’arrière… rebelote
! j’ai crevé. Je suis à 40km de Moramanga, il me
reste une bombe anti-crevaison, ça devrait le faire. J’injecte
la mousse dans la chambre à air, j’enfourche ma moto, fait
quelques kilomètres pour a nouveau me retrouver avec le pneu
a plat, la bombe n’a pas fonctionné. Le hasard fait que
je m’arrête au niveau de la petite maison perchée
sur la colline, là ou j’avais fait une pause à l’aller.
L’homme qui m’avait salué à l’aller
ressort de chez lui, et m’observe… surveillant attentivement
son périmètre ou simplement curieux de ce qu’il
arrive à un jeune vazaha.
Allez, mettons nous au travail, connaissant la méthode le démontage
de la roue arrière va un peu plus vite. Je sors mes outils, commence
à sortir la chambre à air du pneu. Une mobylette passe
devant moi, je reste concentré sur mon pneu. Je l’entends
faire demi tour et vient en ma direction. Njaka Razafimahefa vient à
ma rencontre et me demande gentiment si j’ai besoin d’aide.
Content de ne pas être seul j’accepte et le remercie.
Tout en changeant la chambre à
air de mon pneu, on fait connaissance. Njaka propose des croisières
sur le canal des pangalanes à Toamasina sur des bateaux de 15
Places ou vedette Zodiac. Il me donne sa carte et prend un photo de
moi par la même occasion. Il m’explique aussi, qu’un
peu comme moi, il fait un voyage en 2 roues, à la différence
qu’il est parti de Mahajanga, il est passé à Antananarivo,
et que maintenant il va à Toamasina… et tout ça
en mobylette. Je reste scotché.
Je lui demande « Mais je vois que tu n’as pas de matériel,
pas d’outils, pas de sac !… comment fais pour réparer
une panne, ou si tu crèves ? »
« c’est vrai, j’ai juste un k-way... jusque là
je n’ai rien eu, j’espère que ça va continuer
! » me répond t’il.
J’ai vraiment l’air d’un débutant assisté
quand je vois Njaka voyager de cette façon…
On a presque terminé de remettre la nouvelle chambre à
air quand Njaka dérape avec son tournevis et vient abîmer
la toute nouvelle, et surtout dernière chambre air qu’on
vient de mettre…
Petit moment de solitude, je n’ai plus de bombe anti- crevaison,
et plus de chambre à air, et pas de réseau pour le tél
portable… je ne peux pas terminer mon voyage comme ça !!
« Ce n’est pas grave » me dit Njaka,
« j’ai une technique, on va prendre un morceau d’une
vieille chambre à air, et j’vais prendre de la sève
d’arbre pour en faire une rustine »
Il commence à chercher l’arbre en question… La sève
d’arbre me rappelle que j’ai un vieux tube de colle dans
mon sac à outils. Je lui propose d’esssayer avec ça,
non pas que je doute de sa technique mais peut être que ça
tiendra mieux ! On confectionne donc une petite rustine que l’on
colle sur le trou made in Njaka. Il est désolé, mais ça
ne fait rien, le fait qu’il se soit arrêter pour m’apporter
son aide efface toute éventuel mécontentement ! La roue
est posée, gonflée, ça a l’air de tenir.
Je lui souhaite bon voyage, de ne pas rencontrer de galère et
surtout d’arriver à bon port ! (je prendrais par la suite
des nouvelles par email, tout c’est bien passé pour lui.)
Je repars lentement, tout en gardant une vitesse réduite pour
ménager la rustine bricolée. Ça tient ! J’arrive
à Moramanga. Je prend le premier garagiste au fond d’une
cours, achète une nouvelle chambre au vendeur du coin, et la
fais changer. Aussi rapide qu’efficace, je peux repartir l’esprit
plus tranquille. Il est 14h, je pense arriver à Tana vers 16h,
il reste à peine 120km. Le sourire sur mon visage sera de courte
durée, 20km plus tard nouvelle crevaison. Ça me manquait!
Je ne sais pas ce qu’elle a cette roue arrière mais c’est
un acharnement!! Je garde mon calme. Je me gare tant bien que mal le
long d’une longue ligne droite sans vraiment de bas coté…
plutôt dangereux, mais je n’ai pas le choix. De toute façon
pas le choix, il est 14h, dans 3-4h le soleil va commencer à
se coucher, je ne verrais rien et là ça va devenir galère.
Je commence donc pour la 3eme fois la même manip. Un monsieur
vient vers moi.
- « ha ! vous avez crevé ! » me dit il
J’acquiesce d’un air dépité.
On fait connaissance, j’apprend qu’il habite 200m plus haut,
et qu’il travail pour la Jirama dont les locaux sont situés
200m en contre bas. Il compatie et me demande si je suis intéressé
par de la colle pour les rustines, que j’accepte volontiers !
La mienne commence sérieusement à être sèche
et perdre de son efficacité. Après avoir enlevé
la chambre à air, j’essaye de trouver le trou. L’homme
me proposera gentiment d’aller dans le local de la Jirama, remplir
un sceau et pouvoir ainsi trouver plus facilement le trou. Ce que nous
faisons. Le trou, dont je ne connais toujours pas la cause, n’était
effectivement pas facile à trouver. J’ai du gagner 1h !
« Misaotra besaka ! » lui dis je.
Il rigole, me souhaite un bon voyage et retourne à sa maison…
Je fabrique ma petite rustine, remonte le pneu, et repars. Faux départ
la moto vibre, la roue n’est pas centrée. Un p’ti
coup de clé de 12 et ça repart… 300m plus tard le
moteur tourne dans le vide. A ce moment là je suis comme on dit
« borderline »… J’espère surtout que
le moteur ou les vitesses n’ont pas sauté. Un pneu je peux
réparer mais pas un moteur ! .. bonne nouvelle, c’est juste
là chaîne qui avait sauté. 2 coups de clé
et c’est partie. Cette fois ci je ne m’arrête plus
!! L’air se rafraîchi, il y a un nombre impressionnant de
camion sur le bas coté, en panne. En général 3-4
personnes en dessous de la remorque ou de la cabine, une tache d’huile
ou d’essence à coté, et plein d’outils. Chose
étonnante, les triangles de signalisation sont toujours posés
100m avant et après le camion. La signalisation est bien respectée
! Même si des fois il manque 2 cotés au triangle ou même
carrément remplacé par des branchages. Mais c’est
signalé et c’est bien utile en plein virage…
Les camions qui sont encore en piste et que je double sont de plus en
plus poussif, et la route plus dangereuse. Lorsque je double péniblement
un camion, et que les camions qui descendent (souvent à vide)
roulent souvent très vite, il faut être super vigilant.
Pour peu que la route soit encore mouillé d’une pluie récente..
et je joue au cascadeur. Plus les kilomètres défilent,
plus je rajoute des couches de vêtements. Je commence à
reconnaître des villages proche de Tana, il doit rester une 40eme
de kilomètre quand quelques secondes après avoir doublé
un taxi brousse, en sortie de virage mon pneu se dégonfle d’un
coup, plus aucun contrôle de l’arrière, m’obligeant
à faire un arrêt d’urgence tant bien que mal sur
le bas coté les deux pieds glissant par terre pour stabiliser
la moto. C’était moins une !! Énervé et fatigué
de changer pour la 5eme fois cette roue, je décide d’appeler
un pote qui pourra venir me récupérer et embarquer la
moto. Un camion DHL passe à mon niveau à ce moment là.
Le conducteur remarque que je suis en panne, me fait un signe de la
tête, je comprends par ce geste « t’as besoins d’aide
? », j’acquiesce énergiquement, il s’arrête.
Son camion est vide, parfait pour embarquer la moto. Je préviens
mon pote, qui est évidemment plutôt content de ne pas se
farcir 80 km, et je rentrerais tranquillement avec ce monsieur et son
employé, transporteur de riz pour l’armée.
Débriefing :
1016km parcourus
24h sur la route (répartis sur 3 jours à l’aller
et 2 pour le retour)
30 litres d’essence consommés
4 crevaisons (dont 3 en moins de 100km)